Coeur Minéral (2019)

texte Martin Bellemare

mise en scène Jérôme Richer

jeu Fidèle Baha, Moïse Bangoura, Morciré Bangoura, Ashille Constantin, Adrian Filip et Fatoumata Sagnane Condé

assistante à la mise en scène Myriam Demierre

scénographie et costumes Emilou Duvauchelle

lumières Joëlle Dangeard

son Malena Sardi

administration Maël Chalard

REPRESENTATIONS

- 4-5 octobre 2019 - Festival les Zébrures d'automne (Limoges-France)

- Du 8 au 20 octobre 2019 - Théâtre Pitoëff (Genève-Suisse)

- 19-20 novembre 2019 - Festival Univers des Mots (Conakry-Guinée)

- Du 27 novembre au 1er décembre 2019 - Oriental (Vevey-Suisse)

- Du 17 au 20 mars 2020 - Usine C (Montréal-Canada)

RÉSUMÉ

Boubacar, jeune cadre canadien, est envoyé par sa compagnie minière dans la région d'origine de ses parents en Guinée Conakry pour régler un problème avec la population. Confronté à une opposition farouche et à la violence des pratiques de ses employeurs, Boubacar va peu à peu remettre en question les fondements de sa vie.

Une fresque sur les multinationales, les opérations minières et leurs conséquences humaines. Une pièce chorale de l'auteur québécois Martin Bellemare mise en scène par le genevois Jérôme Richer qui sous couvert d'évoquer la réalité dans un pays du sud est une fine critique des actions des multinationales qu'elles soient basées en Suisse ou ailleurs.

PRESSE

"Comment faire écho à une stupeur africaine qui ne passe pas ? A la violence routinière d'une dépossession, d'un vol si bien organisé qu'il en paraît légitime ? Le Genevois Jérôme Richer a trouvé la forme qui sied au Théâtre Pitoëff, à Genève ces jours, avant l'Oriental à Vevey, Conakry et Montréal. Il entraîne six acteurs guinéens, camerounais, ivoirien et suisse au bord d'une plaie, celle qui hante Cœur minéral, texte de l'auteur canadien Martin Bellemare.

La réplique a du panache, mais elle ne porte pas. Martin Bellemare met au jour la vampirisation d'un monde. Des multinationales poursuivent, avec la bénédiction des dirigeants locaux, le travail des colonisateurs. Sur les planches, les comédiens africains ont parfois la dignité d'un coryphée antique, celui qui convertit une juste colère en sentence. L'un tonne : « La mine use les gens, après, elle les jette.»

A un autre moment, et c'est la séquence la plus poignante de la soirée, deux hommes éberlués regardent passer un train tout près de là, 25 wagons chargés du précieux minerai. Mais le convoi revient, allégé. « Ils ont vidé les wagons pour envoyer notre bauxite ailleurs. » (...) Ce Cœur minéral est porté par des artistes qui, pour la première fois, peuvent se consacrer pleinement aux planches - à Conakry, ils exercent mille autres métiers. Il éclate en morceaux brûlants. Jérôme Richer veut croire que les fictions sont des feux d'alerte dans nos vies rangées. Au fond du puits, un monde brûle." 

Alexandre Demidoff - Le Temps (17 octobre 2019)

"La troupe de six interprètes en boubou ou vêtement de sport évolue d'un tableau à l'autre, aussi mobile que la scénographie dépouillée faite de plots en bois ressemblant à des conteneurs de marchandises qu'ils déplacent à l'image d'un trafic incessant sur le continent africain. Une habile métaphore du business, avec ses scandales et tactiques d'intimidation. Celle-ci souligne aussi le ton poétique de ce Cœur minéral, où l'on passe d'un récit à un autre à la manière d'un conte africain aux voix multiples, où se superpose tantôt la parole d'une narratrice, tantôt d'un narrateur."

Cécile Dalla Torre - Le Courrier (10 octobre 2019)

"On s'est aussi attaché à Cœur minéral, un spectacle québeco-guinéen mis en scène par Jerôme Richer à partir du texte de Martin Bellemare (Dramaturge Éditeurs, 2019). La pièce, dont le sous-titre est : Intérêts et contre-parties : la pépite que nous sommes » évoque, à partir de faits réels, la destruction d'un village guinéen par une société d'exploitation minière québécoise qui, pour s'emparer du fer, de la bauxite et de l'or de la région, n'hésite pas à détruire tout l'écosystème. (...) Avec juste des caisses de bois de toutes les tailles qu'ils manipulent pour composer les lieux et les situations, les comédiens interprètent tous les personnages avec rage et humour - Boubacar, employé de la multinationale qu'on envoie au village de ses parents comme médiateur, Mory, un journaliste, qui mène la mise en accusation : « Vous roulez sur les champs. Vous jetez les maisons par terre. Vous démolissez les équipements. Vous chassez les mineurs et les familles »... Pour avoir dénoncé ces crimes - une cinquantaine de personnes disparues - et les connivences avec l'État, lui aussi y laissera la vie."

Marina Da Silva - Le Monde diplomatique (11 octobre 2019)

"Ils sont six acteurs et actrices pour incarner ces êtres, endossant des rôles multiples dans de brèves scénettes qui se suivent comme les perles du même collier : Morciré Bangoura, Moïse Bangoura, Fidele Baha, Ashille Constantin, Adrian Filip et Fatoumata Sagnane Condé. Comme l'annonce Jérôme Richer en préambule, certains viennent directement de Guinée - et l'échange entre artistes de pays différents éclate dans toute son énergie et sa diversité : on chante, on danse, on rit, dans une fresque qui, si elle dénonce et attaque, reste avant tout joyeuse. Comme une autre manière de prendre conscience des enjeux géopolitiques de notre époque."

Magali Bossi - La pépinière Genève (15 octobre 2019)

COPRODUCTION

Oriental (Vevey)

SOUTIENS

Ville de Genève, Loterie romande, Etat de Genève, Corodis, % culturel Migros, Fondation Ernst Göhner, Fonds culturel Sud